✍ La France sous les derniers Capétiens, 1223-1328 [1958]

por Teoría de la historia

R320057224Une note liminaire de M. Fernand Braudel explique au lecteur les conditions dans lesquelles a été publié le nouvel ouvrage posthume de Marc Bloch: « Aujourd’hui, nous éditons un cours, à moitié mis en forme: Lucien Febvre l’avait conservé, sans l’utiliser, dans ses propres papiers, à Saint-Amour; ce cours était visiblement destiné au seul public des agrégatifs qui l’ont suivi, à la Sorbonne, en 1937-1938: il n’a nullement été conçu comme une future publication». C’est dire à la fois les quelques faiblesses et l’intérêt de cet ouvrage composé par les chapitres, plus ou moins rédigés, d’un cours d’agrégation. Pour en doser justement la critique, il faudrait faire appel à l’un des auditeurs de ces leçons qui nous en restituerait le charme et l’intérêt qui dut être rendu captivant par ce qui manque, les digressions, les exemples, les vues d’avenir. Il semble que les problèmes que Marc Bloch nourrissait le plus profondément, ceux qui lui tenaient le plus à coeur, soient ceux précisément qui, du fait de cette connaissance intime qu’il en avait, ont été le moins rédigés, ceux dont il n’a pas donné les références parce qu’il les savait par coeur et qu’il ne lui était pas indispensable de les noter. C’est plus un instrument de travail à l’usage de Marc Bloch lui-même, semble-t-il parfois, qu’à celui des lecteurs de 1958. Bien que nous n’ayons dans ces 126 pages que le reflet de ce qui dut être un cours passionnant pour ceux qui ont eu le privilège de l’entendre, on consultera encore avec fruit, après vingt ans d’âge, ce que l’éminent historien dit de l’administration, durant ces cent années, et du personnel administratif des derniers1017491619 Capétiens (pp. 39-42), l’exposé qu’il fait du conflit avec la papauté (p. 50-53). Les paragraphes consacrés aux Templiers (p. 54) et à la noblesse (p. 57) restent inachevés et on peut le regretter car le lecteur trouvera peut-être profit à connaître, sinon toujours à adopter les vues de Marc Bloch sur les rapports de la noblesse et de la chevalerie (pp. 62-69), comme celles sur les associations (pp. 96-99) et l’excellent exposé qu’il réserve à l’hérésie et à l’Inquisition (pp. 102-108). Un livre comme celui-ci ne se prête pas spécialement à l’exposition de vues très originales et on ne peut reprocher à Marc Bloch, qui n’avait probablement pas pensé que ses leçons pourraient un jour être publiées sous cette forme, de n’y avoir mis qu’une part de la richesse de sa puissante personnalité. Il témoigne de la fécondité de son enseignement par la piété de ses disciples.

[Raymond CAZELLES. “Marc Bloch. La France sous les derniers Capétiens, 1223-1328. Paris, Librairie Armand Colin, 1958. (Cahiers des Annales, n° 13)” (reseña), in Bibliothèque de l’école des chartes, t. CXVI, 1958, pp. 256-257]

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