✍ Historia de los jóvenes [1994]

por Teoría de la historia

71vvQDKQQFLLa récente Histoire des jeunes en Occident est une aventure avant tout italianno-française (ou franco-italienne) : dirigée par Giovanni Levi et Jean-Claude Schmitt, elle a été d’abord été publiée en Italie en 1994 (Storia dei giovani) avant de l’être en France deux ans plus tard. Elle rassemble une vingtaine de contributions signées par des historien(ne)s très majoritairement français et italiens et couvre une aire géographique principalement axée sur la France et l’Italie. Ses deux volumes (tome 1: De l’antiquité à l’époque moderne, tome 2 : L’Epoque contemporaine) qui entrecroisent analyses locales et études synthétiques, s’apparentent peut-être davantage au recueil des actes d’un colloque qu’à une véritable histoire des jeunes, ce dont les maîtres d’œuvres s’expliquent d’ailleurs dans l’introduction. Leur ambition est d’abord de souligner la «spécificité de la jeunesse», catégorie considérée avant tout comme une «construction sociale et culturelle» (p. 7 du t. 1), et de proposer des problématiques nouvelles – qui ne se veulent pas toujours pensées en termes de «classes d’âge» ou de «différences des sexes» (p. 9 du t. 1) – pour tenter de mieux cerner une notion encore fuyante au fil des siècles. Ainsi, loin de prétendre imposer une définition monolithique de la «jeunesse», Giovanni Levi et Jean-Claude Schmitt insistent au contraire sur le caractère ondoyant de son historicité et présentent les différentes contributions comme autant d’approches possibles pour saisir les «traits “ liminaux ” qui caractérisent la jeunesse, entre réalités biologiques, rôles sociaux, élaborations symboliques» (p. 13 du t. 1). Et c’est dans cette vision «kaléidoscopique» de la jeunesse que réside une bonne part des séductions multiples offertes par ces deux volumes, qui marquent indéniablement une étape importante dans les recherches menées sur ce sujet depuis les années 1970. Les jeunes filles ? La jeunesse est «pensée au masculin», écrit Michelle Perrot à propos de la jeunesse ouvrière du XIXe siècle mais, en matière de différence des sexes, la formule peut résumer à elle seule la lecture de l’ouvrage. Les filles sont en effet absentes dès lors qu’on évoque l’intégration civique de la jeunesse (Sabina Loriga : «L’épreuve militaire») ou au contraire les formes d’expression contestataires des jeunes dans la cité. En faisant connaissance avec les «Jeunes révoltés et révolutionnaires (1789-1917)» de Sergio Luzzatto, tous garçons, on s’interroge sur l’éviction des figures féminines de la rébellion : certes on se rappelle que, pour ne citer qu’elles, Hubertine Auclert a passé la trentaine lorsqu’elle se révolte énergiquement contre le suffrage masculin, et que Vera Zassoulitch aborde le même cap lorsqu’elle tire sur le gouverneur de Saint-Pétersbourg, mais on a peine à croire que les jeunes filles aient fait à ce point défaut à l’esprit juvénile de révolte et de révolution au XIXe siècle (ne serait-ce que parmi les «suffragettes» anglaises ou les révolutionnaires russes). Elles réapparaissent cependant quand leur comportement suscite les angoisses masculines : ainsi Atalante dans la cité grecque étudiée par Alain Schnapp («L’image des514B0aKGJKL._SY344_BO1,204,203,200_ jeunes gens dans la cité grecque») – et dont l’image de garçon manqué nous a été conservée par certaines coupes ou amphores – est une athlète qui défie les hommes dans leurs trois domaines d’excellence : la chasse, la course et la lutte (p. 58 du t. 1). De fait, on ne s’étonnera pas que la perception qui nous est transmise des jeunes filles à travers les différentes époques, soit d’abord une perception charnelle. Corps dansants des jeunes grecques (Alain Schnapp, p. 58 du t. 1), corps virginaux célébrés au Moyen-Âge (Michel Pastoureau : «Les emblèmes de la jeunesse», p. 269 du t. 1), corps qu’il convient surtout de garder contre la convoitise masculine. Là réside sans doute le fil conducteur le plus évident dans les contributions qui s’attachent plus longuement à décliner les figures de la jeune fille : Elliott Horowitz («Les mondes des jeunes juifs en Europe. 1300-1800») fait ainsi état de l’exploitation sexuelle de jeunes servantes juives dans la Pologne du XVIIIe siècle (p. 126 du t. 1), Elisabeth Crouzet-Pavan («Une fleur du mal ? Les jeunes dans l’Italie médiévale») rappelle la pratique des viols collectifs juvéniles à l’époque médiévale (p. 212), tandis que Norbert Schindler («Les gardiens du désordre : rites culturels de la jeunesse à l’aube des Temps modernes») souligne au contraire le rôle collectif de «gardiens des filles à marier» des jeunes suisses des Grisons (p. 288 du t. 1). S’attachant aux jeunes ouvrières du XIXe siècle, Michelle Perrot («La jeunesse ouvrière : de l’atelier à l’usine») souligne combien leur corps a été l’objet de toutes les attentions – les moralistes discourent à loisir sur la nécessité et les moyens de le protéger, de le soustraire à une promiscuité menaçante – mais aussi de tous les désirs – les abus sexuels, que cette main-d’œuvre désarmée doit subir sur son lieu de travail, connaissent une publicité nouvelle à la fin du XIXe siècle (p. 126). Mais, au-delà de cette fascination continuelle pour la chair des jeunes filles que plusieurs contributions 41WBGRDDQFL._SY344_BO1,204,203,200_mettent en scène, l’ouvrage permet également de renouer avec d’autres thématiques familières aux historien(ne)s des femmes. Le retard pris dans la scolarisation, que Jean-Claude Caron («Les jeunes à l’école : collégiens et lycéens en France et en Europe. Fin XVIIIe-fin XIXe siècle») traite brièvement, en est un exemple. Les comportements amoureux, à propos desquels s’interroge Renata Ago dans son article sur les mariages dans la noblesse au XVIIe siècle («La liberté de choix des jeunes nobles au XVIIe siècle») et que Daniel Fabre évoque à l’occasion de son analyse sur les pratiques juvéniles de la fête dans un village languedocien durant les années 1960 («“Faire la Jeunesse” au village»), en sont un second. L’ensemble fait que, concernant l’histoire des jeunes filles tout particulièrement, on éprouve à la lecture des deux volumes une somme de plaisirs et de frustrations qui aiguise singulièrement l’attente de la suite de cette belle entreprise.

[Gabrielle HOUBRE. “Giovanni Levi et Jean-Claude Schmitt (dir.), Histoire des jeunes en Occident”, in Clio. Histoire‚ femmes et sociétés, nº 4, 1996]

historia-de-los-jovenes-giovanni-levi-jean-claude-schmitt-9409-MLU20016362295_122013-OEn este segundo tomo de la Historia de los jóvenes se nos ofrecen nueve artículos, consagrados a la edad contemporánea. El común denominador de los ensayos es la juventud, en particular, de los siglos XVIII y XIX, una juventud instrumentalizada, utilizada, tomada como modelo al que se aspira. En suma, aparecen los métodos con que una sociedad moldea, en el cabal sentido de la palabra, a una franja de sus gentes para que cumpla con los objetivos que esa misma sociedad se ha propuesto alcanzar. Más que decisiones juveniles nos encontramos con la voluntad de los mayores; los jóvenes aparecen desdibujados y en segundo plano. En escasa medida se ofrece la imagen de los jóvenes de estas últimas décadas. Tal vez esto responda a la intención del libro: presentarnos el ámbito que determinó y en que apareció la juventud contestaria de este fin de siglo, según la frase de Balzac: “La juventud estallará igual que la caldera de una máquina de vapor”. Hubiera sido deseable un análisis más exhaustivo de estos decenios en los que la juventud insiste en lograr un papel protagónico, una juventud que se ha dado nuevas pautas, que ensaya caminos, algunos sumamente peligrosos. El único enfoque de esa transformación reciente está dado por un artículo que estudia la sociedad norteamericana a partir de los años 50 de este siglo. En él se presentan los problemas con que se enfrenta el mundo en la actualidad: imperio de la juventud en gustos y tendencias (ropa, música, distraccciones y, sobre todo, vida sexual), autogobierno e imposición, discusión de métodos educativos, pérdida de autoestima por parte de los adultos… Pero, como decimos, los artículos tratan, sobre todo, de la juventud instrumentalizada. Esto se ve, especialmente, en la elaboración política de los fascismos. La Alemania de Hitler apuntó a la formación de una multitud adicta, merced al adoctrinamiento desde los años juveniles e infantiles. En 1927 se forja la consigna “¡Dejad paso, viejos!”. Al aprendizaje de buen miembro del partido siguieron una serie de estadios que muchas veces substituyeron a la escuela -aprendizaje que permitiría el logro de la joven nación alemana, sometida “al deseo del Führer”-. A pesar de la acción compulsiva de esta estructura, casi omnipotente, hubo movimientos de rebeldía como el llamado swing que nucleó a los partidarios del atuendo y de las actitudes “desinhibidas”. Como el nazismo, el fascismo italiano también ensalzó a la juventud, le concedió una serie de valores cívico-morales. Pero, para el movimiento, esta edad no fue sólo un estadio de la vida del hombre sino también caracterizó las actitudes de un gobierno y de un Estado. El mussolismo utilizó, en gran medida, el arte como medio de propaganda, intentando incluso una definición de lo artístico como “representación inmediata de los acontecimientos de nuestro tiempo”. Las imágenes empleadas tuvieron diversas características: por un lado, aparecieron teñidas de inmediatez y, por otro, expresaron un mensaje abstracto. Unas y otras implicaron un contenido simbólico, propiciador de adhesiones, plasmador de voluntades. Varios soportes sustentaron esos mensajes: el efebo, la familia, Italia, el Duce. También sobre imágenes, en este caso, no ligadas a un sistema político, se ha construido otro de los artículos titulado “Imágenes de la juventud en la edad moderna”, de Giovannithumb_storia-giovani-contemporanea-28148acb-1b3c-488c-a758-5a5110c24566 Romano. Se analiza la visión de la juventud a través de una peculiar óptica y psicología que es la del artista -se toma especialmente la obra de Caravaggio-. Todo se vuelve interrogaciones en el artículo, puesto que el autor se pregunta si la reiteración de temas como los del joven David o la decapitación de Holofernes es sintomática de un enfrentamiento generacional o sólo expresa el sentimiento del pintor. Se demanda también si le interesó el problema de la juventud o si ésta sólo fue pretexto para pintar cuerpos jóvenes. No sabe si lo social y lo pictótico pueden asociarse. Este artículo implica pues un acercamiento al tema con una ejemplificación limitada, como decimos, y sin resolución cierta. Algunas experiencias propias de la juventud se consideran de manera diversa, según parámetros sociológicos,”La experiencia militar”, de Sabina Loriga, y otros antropológicos, “Forjar la juventud”, de Daniel Fabre. El primer artículo se refiere, especialmente, a las experiencias militares vividas por la juventud francesa e italiana en el siglo XIX, el llamado “siglo del soldado”. El servicio militar fue presentado entonces como escuela y como formación, favorecedor de una koiné, de una unidad de lengua y costumbres comunes. Para muchos, el servicio militar fue también un ritual de masculinidad en la exaltación de la belleza y la armonía física y espiritual. En todo caso, ritual de paso para llegar a la coherencia personal, a la emancipación del poder paterno, para poder alcanzar el matrimonio y la plena virilidad. El ritual de paso también se presenta en el segundo artículo mencionado que estudia, tal vez con demasiada minucia, la fiesta popular aldeana. El autor ha tomado un ejemplo como “modélico”, por un lado de la “fiesta” y, por otro, de la función y el papel que la juventud cumple en la misma. Papel múltiple y, podríamos decir, contradictorio puesto que comportaba la liberación, el caos, la insolencia e, igualmente, la expresión del papel de la juventud -como forma de apertura y control- en la forja de una sociedad. Para la juventud, su pertenencia a diferentes grupos sociales implicó el acceso a diversas posiciones, diversas opciones también. Escuela, liceos, universidad fueron baluartes de la burguesía vedados para la clase obrera. Una clase ésta que fue claramente patriarcal, a juicio de uno de los ensayistas, y no permitió que los jóvenes tuvieran voz. Sobre educación encontramos otros artículos en que también aparecen los jóvenes manipulados, ellos serán sobre quienes se ejerzan las decisiones de los mayores, que ofrecerán opciones, en especial la alternancia formación o información. Se analiza igualmente cómo los jóvenes obreros, excluidos de ciertos privilegios, por ejemplo éste de la educación, lograron su 416JCDAS4BL._UY250_difícil inserción en una especialidad artesanal y poco a poco alcanzaron las leyes que protegieron una infancia y una adolescencia sacrificadas en el trabajo. Era insoslayable el tema en que aparece una de las imágenes más frecuentadas en la caracterización del joven: la del revolucionario. Figura que sirve de pretexto para muchos cuestionamientos que resumen la esencia del tema general: ¿realmente todos los inspiradores de movimientos de rebeldía o de revolución fueron jóvenes? ¿Cómo reaccionaron los jóvenes respecto de los antiguos revolucionarios? Y también -y esta pregunta es fundamental para entender todo el libro- ¿la juventud es un período de la vida o una posición permanente, es un momento positivo o años de duda, es momento de decisión y de autoafirmación o lapso de sometimiento a la voluntad y a la aprobación de los mayores? ¿Se trata de gentes integradas a la sociedad o alienadas de la misma? Se subraya su diferencia, tan aguda, sin duda, como las que imponen los restantes cortes de la edad del hombre. Tal vez en este caso esa diferencia aparece tanto más acentuada por lo que implica de decisión de futuro, de opciones que informarán toda una vida. La vida de un individuo y de toda una sociedad.

[Nilda GUGLIELMI. “Historia de los jovenes tomo II: la edad contemporánea”, in La Nación (Buenos Aires), 12 de marzo de 1997]

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