✍ Michelet et la Renaissance. Cours professé au Collège de France en 1945-1946 [1992]

por Teoría de la historia

900446260Pendant longtemps la Renaissance n’exista pas. Il fallut en effet attendre le XIXe siècle pour que cette notion se mit à représenter un vaste mouvement culturel qui aurait débuté au XIVe siècle en Italie et qui serait ensuite passé en France à la fin du XVe siècle. Mouvement qui correspondrait à un renouveau éclatant des lettres et des arts antiques, à l’éclosion d’une nouvelle vision de l’homme et de l’univers, ainsi qu’au développement de l’individualisme. Une telle caractérisation est toutefois fort contestable et les spécialistes ne cessent, depuis lors, de se disputer sur les dates, les causes et les caractères essentiels de la Renaissance. D’abord, la notion de Renaissance est née d’une dépréciation et d’une condamnation du Moyen Age. Or, actuellement plus aucun historien, ou presque, ne voit dans le Moyen Age une période d’obscurité et de ténèbres peu propice à la créativité et à l’épanouissement de fortes personnalités. Ensuite, l’influence de l’Antiquité n’a pas attendu le XIVe siècle en Italie ou le XVe siècle en France pour jouer un rôle fondamental dans les lettres et les arts. Et il serait naïf de croire que l’homme de la «Renaissance» se soit soudainement dépris de la foi de ses pères pour adopter un esprit critique annonçant notre modernité. En bref, si changement il y a -mais en toute époque n’y en a-t-il pas?-, l’idée d’une opposition radicale, d’une rupture entre la Renaissance et le Moyen Age demeure très fragile. Peut-on dès lors continuer à voir dans la Renaissance un large renouvellement de la culture et même de la civilisation européenne? Et si ce n’est pas le cas, doit-on continuer à «périodiser» l’histoire en y distinguant ce siècle et demi comme s’il formait une unité? N’est-il pas temps, en quelque sorte, d’en finir avec la Renaissance? Sur ce point les avis sont partagés. En tout cas, certains historiens rétorquent que même si le terme de «Renaissance» est arbitraire, ainsi que le découpage temporel qui lui correspond, il constitue néanmoins une étiquette commode. Mais, même une position « réformatrice » comme celle-ci sous-estime la forte influence de la connotation du terme en question -pour ne pas parler de celui de Moyen Age. Parler de Renaissance, c’est s’ouvrir immanquablement à l’idée d’une renaissance de la civilisation, et petit à petit laisser l’idée d’un déclin préalable s’imposer. C’est pourquoi maintenir la notion de Renaissance semble dénaturer toute l’approche des siècles qui la précèdent, dans le sens où pour faire émerger la Renaissance, il faudrait rabaisser le Moyen Age. Et c’est effectivement ainsi que la notion de Renaissance est « apparue » au XIXe siècle avec Jules Michelet (1798-1874), car ce serait lui le créateur de la notion, comme nous l’explique Lucien Febvre (1878-1956) dans ce livre saisissant, qui reprend les cours qu’il a donnés en 1942-43 au Collège de France. Michelet se serait en effet mis à déprécier le Moyen Age -ce Moyen Age qu’il avait tant aimé comme tous les romantiques- pour donner un souffle nouveau à sa grande Histoire de France. Mais ce renouveau, il ne l’a pas découvert dans les archives qu’il épluchait, c’est en lui-même qu’il en sentit le désir. Ce sont ses épreuves personnelles et la situation politique de son époque qui l’ont inspiré pour donner vie à cette notion historique. Il a inventé la notion de Renaissance tout simplement parce qu’elle répondait à une exigence personnelle. On comprendra alors aisément tout l’intérêt qu’il y a à se pencher sur la genèse d’une telle invention pour évaluer sa pertinence. Commençons par l’histoire des mots. Le terme de «Moyen Age» date du milieu du XVe siècle, mais il ne devient vraiment courant qu’à partir du XVIIe siècle, époque où des érudits allemands divisèrent l’histoire de l’humanité en trois ères: l’Antiquité, le Moyen Age et les Temps Modernes. Et si jusqu’au XIXe siècle il n’y a pas de trace de la Renaissance, avec une majuscule, il est, en revanche, régulièrement question, tout au long de la période médiévale et même après, d’une restauration de l’Antiquité, que ce soit pour exprimer la volonté d’une restauration politique de l’Empire romain, d’un retour aux moeurs de l’Église primitive ou d’un renouveau des lettres latines. Cette idée de restauration, que reprirent après tant d’autres les «humanistes» italiens du XIVe siècle et dont on fera jaillir comme par miracle l’idée d’une Renaissance italienne, n’était donc pas au départ une notion chronologique, mais éthique: une manière de juger le passé récent qu’on dépréciait en valorisant le passé lointain. Or, une fois tombé l’espoir d’une restauration politique de la Rome antique, les humanistes italiens se focalisèrent sur la langue et les lettres latines. Et c’est en prenant conscience de cet idéal artistique qu’on en est venu, plus tard, à parler d’une renaissance des lettres et des arts. Mais, en tout cas, on ne parla jamais avant le XIXe siècle de «Renaissance» tout court comme d’une dynamique globale. Certes, Voltaire parlant de François Ier s’ouvrit timidement à l’idée: «Il fit naître le commerce, la navigation, et les lettres, et tous les arts; mais il fut trop malheureux pour leur faire prendre racine en France…» Le terme de renaissance, compris comme un renouveau de l’Antiquité, suscitait de toute façon un certain nombre de réticences en ce XVIIIe siècle. Depuis que les Modernes l’avaient «emporté» face aux Anciens lors d’une célèbre querelle, l’étude des auteurs anciens avait perdu une partie de sa valeur. Comment pouvait-on alors mettre en avant une renaissance des lettres et des arts qui avait pris modèle justement sur l’Antiquité. En revanche, au XIXe siècle, l’idée d’une renaissance des arts et des lettres commençait à être davantage dans l’air du temps, à l’exemple d’un Stendhal qui évoqua avec enthousiasme à plusieurs reprises la «renaissance des beaux-arts» ou la «renaissance de la peinture» dans son Histoire de la peinture en Italie (1817). Le mot «renaissance», toujours sans majuscule, en vint même chez certains auteurs à désigner une période, pas encore de l’histoire humaine, mais de l’histoire de l’art. Quoi qu’il en soit, le mot Renaissance avec une majuscule n’apparaît nulle part: ni dans ce qu’écrit Michelet avant 1840 (voir son Tableau chronologique de l’histoire moderne, 1825, ou son Précis d’histoire moderne, 1827), ni dans toutes les Préfaces de Hugo à ce qu’on pourrait nommer ses drames de la Renaissance: Lucrèce Borgia, Marie Tudor… ni ailleurs. Or, tout d’un coup, Michelet lance du haut de sa chaire au Collège de France -nous sommes en 1840-1841- cette notion historique de Renaissance. Cette fois-ci ce n’est plus de l’art ou des lettres dont il est question, c’est de la Renaissance de l’homme tout entier. Était-ce la découverte de données historiques que personne n’avait prises en compte jusque-là? Il semble plutôt que ce mot de renaissance qui commençait une humble carrière soit tout simplement devenu le symbole d’une époque parce que Michelet portait en lui une très forte exigence de renouveau. L’aveu figure sous sa plume dans une note (cf.p. 40): ce qui lui fit entreprendre ce cours, dans un grand enthousiasme, c’est, après le désespoir que lui avait causé la disparition de sa première femme en juillet 1839, l’espoir et la renaissance -le mot est en toutes lettres- que provoqua en lui, peu de temps après, la rencontre d’une de ses auditrices du Collège. Que ce mot de Renaissance qui répondait à ses états d’âme du moment se mit à caractériser le tout d’une époque n’a d’ailleurs rien d’étonnant chez Michelet, lui qui a toujours mêlé sa vie intime à ses travaux historiques. Cet entremêlement de l’histoire et de sa vie personnelle était en effet permanent chez Michelet. Mais loin d’y voir un défaut, il en faisait sa méthode. D’ailleurs comment un historien qui cherche à effectuer la synthèse de tous les faits épars qu’il récolte -ici les faits politiques, là les faits économiques, là encore les faits religieux, etc.- pourrait-il y arriver si ce n’était en revivant intérieurement l’histoire en question? En tout cas, si l’historien doit donner à du passé mort depuis longtemps un peu de sa vie à lui, Michelet le fit peut-être un peu plus intensément que les autres. Ses écrits en portent le témoignage: «L’Histoire est une violente chimie morale où mes passions individuelles tournent en généralités, où mes généralités deviennent passions, où mes peuples se font moi, où mon moi retourne animer les peuples. Ils s’adressent à moi pour que je les fasse vivre». Plus loin, parlant encore de «ses» peuples: «Alors, ils me disaient en gémissant que c’était la même chose, qu’eux et moi, nous n’étions qu’un, que nos coeurs souffraient de même, que leur vie vivait dans ma vie, que ces pâles ombres étaient mon ombre, ou plutôt que moi-même j’étais l’ombre vivante, fugitive, des peuples fixés dans la véritable existence et dans l’immutabilité (Journal, cité p. 115)». Il est clair qu’il mettait plus que son imagination au service de la résurrection du passé, il y mettait toutes ses passions et toute sa vie. Dans un autre texte, il est encore très clair sur le sujet: «Si j’avais écrit sur l’histoire des religions? J’aurais tiré toutes ces religions du dedans, comme d’un mouvement de coeur; je les aurais inventées l’une après l’autre pour le remède de mon âme, les rejetant derrière moi à mesure que je n’y trouvais pas le dictame cherché (cité p. 115)». Ainsi Michelet avait le besoin de se fondre dans les morts, de se nourrir, comme il dit, de leur sang noir, et de leur restituer ce qu’il pouvait de sa vie chaude et palpitante. Mais en se mêlant à eux, en leur prêtant sa subjectivité, il éprouvait aussi toutes leurs passions. C’est ainsi qu’à propos de l’histoire de la Révolution française sur laquelle il était en train de travailler, il écrivit: «J’accomplis ici une tâche très rude de revivre, refaire et souffrir la Révolution; je viens de traverser septembre et toutes les affres de la mort; massacré à l’abbaye, je vais au tribunal révolutionnaire, c’est-à-dire à la guillotine (lettre du 18 septembre 1849, citée p. 114)». Dans une autre lettre: «Ne croyez pas que je vous oublie un seul jour […] Mais Robespierre mange ma moelle et mes os (lettre de septembre 1852, citée p. 52)». La Renaissance ne resta bien sûr pas à l’écart de ce grand mouvement de résurrection. Là aussi Michelet est explicite: «Quant au grand mouvement de la Renaissance, vous le trouverez plus loin. Vous y verrez ce mouvement, infiniment complexe, procéder d’un principe simple. Je n’avais jamais encore soulevé une si grande masse, accordé dans une vivante unité tant d’éléments discordants en apparence. Tous ces éléments étaient en moi depuis longtemps, mais seulement comme connaissance; ils sont devenus aujourd’hui mes sentiments, mes propres pensées; si toute cette histoire extérieure est maintenant très simple, c’est parce que, l’ayant retrouvée en moi, elle est devenue moi-même. J’étais resté plusieurs mois immobile en face de mes matériaux dispersés; l’unité et la vie ont commencé tout à coup à animer ce chaos de choses mortes (lettre du 15 mai 1841, citée p. 111)». Que s’est-il donc passé en 1840-1841 pour que Michelet invente la Renaissance? Comme nous l’avons déjà dit, il venait de perdre sa première femme. Abattu par le chagrin, il avait toutefois, peu après, rencontré Mme Dumesnil, et le voilà qui se mettait à rêver d’une vie nouvelle. Mais ce n’est pas tout. Michelet étouffait de plus en plus en ce début des années 1840. Lui, qui avait mis tant d’espoir dans la Révolution de Juillet (1830), trouvait que plus les années passaient, plus le résultat était amer. Décidément, lui le fils du peuple, il n’aimait pas la France de Guizot et ses valeurs bourgeoises. Il n’aimait pas ce gouvernement, celui « de la banque, des gros propriétaires et des gros industriels, c’est-à-dire d’une minorité dans ce pays agricole. [Et] pour comble de faiblesse, [ce gouvernement avait] été chercher secours dans le parti du prêtre (note datant de 1845, cité p. 161)». Alors, puisque l’Église s’associait à ce qu’il n’aimait pas, il n’aimait plus l’Église. Ainsi, dégrisé de l’ivresse de Juillet, de plus en plus anticlérical, il attendait avec impatience un renouveau. Or, au même moment, il était en train d’écrire son Louis XI, le tome qui devait clore son Moyen Age et qui allait paraître en 1843. Et que vit-il en Louis XI ? Un roi pour les bourgeois, un roi prudent, calculateur, sans grandeur et générosité, en sorte que le temps de Louis XI lui apparaît sous les aspects du temps méprisé, le temps de Louis-Philippe. Alors Michelet, le grand amoureux de la vie, le grand amoureux de la France, lui qui osait affirmer «je suis la France (lettre, citée p. 122)», n’aspire plus, comme nous le raconte Lucien Febvre, qu’à la Renaissance: sa propre Renaissance après maintes épreuves personnelles; la Renaissance de la France de Louis-Philippe dans une France plus généreuse, plus désintéressée, moins bassement bourgeoise; enfin, la Renaissance de la France de Louis XI dans une France plus ardente, plus noble et plus belle. Le problème est que Michelet avait aimé le Moyen Age et son christianisme. Dans de belles pages sur cette époque, il avait écrit qu’en l’Église seule se trouvait «l’intelligence de l’homme, sa vraie vie, son repos (cité p. 233)». Il l’avait vénérée au point de l’identifier au peuple, hommage suprême sous sa plume: «L’Église est peuple elle-même (cité p. 233)». Mais désormais, c’était fini. En ce milieu du XIXe siècle, Michelet rentrait dans la mêlée politique et décidait de livrer combat au clergé. Il en attendait un monde meilleur, une nouvelle France… la vraie France. Mais on ne touche pas à l’Église sans toucher au Moyen Age, cette grande époque du christianisme. Ce Moyen Age que Michelet avait adoré avec tant de dévotion, il fallait donc le «tuer». Cela fut fait avec détermination: «Le Moyen Age […] où j’ai passé ma vie, dont j’ai reproduit dans mes histoires la touchante, l’impuissante aspiration, j’ai dû lui dire: arrière!, aujourd’hui que des mains impures l’arrachent de sa tombe et mettent cette pierre devant nous pour nous faire choir dans la voie de l’avenir (Le Peuple, 1846)». Il ne restait plus à Michelet, par d’amples coupures et de nombreux changements dans les rééditions des premiers tomes de son Histoire de France parus auparavant, qu’à supprimer les belles pages qu’il avait consacrées au Moyen Age. Là où il avait vu des signes du «triomphe de la liberté morale (cité p. 233)» il ne voyait plus désormais qu’un «état bizarre et monstrueux, prodigieusement artificiel». C’est ainsi tout le Moyen Age qui, derrière le triste et morne siècle de Louis XI, tombait dans l’obscurité, terrassé par Michelet. Alors, enfin la Renaissance pouvait arriver, une Renaissance complète, totale, mais une Renaissance -puisque le Moyen Age était mort- qui ne pouvait venir que de l’extérieur, d’un miracle qui eut pour nom «Italie». Ainsi, pour faire renaître la France, Michelet attendait une rencontre, un choc, une étincelle. C’est pourquoi, après en avoir fini non sans difficulté avec Louis XI, il descendit impatiemment le cours de son histoire, et voilà qu’il arriva à Charles VIII. Il attendait d’être réveillé de sa torpeur et le voilà plongé dans les guerres d’Italie. Il se mit en marche; il suivit la colonne. Et du heurt des fantassins, il vit jaillir une étincelle, puis une flamme, puis «la colonne de feu qu’on appela Renaissance (Histoire de France, IX, cité p. 176)». Elle embrasa la France, puis toute l’Europe: «Un événement immense s’était accompli. Le monde était changé. Pas un État européen, même des plus immobiles, qui ne se trouvât lancé dans un mouvement tout nouveau (Histoire de France, IX, cité p. 176)». La Renaissance était née: «Après maintes épreuves personnelles […], mort et rené je fis la Renaissance (Histoire de France, préface de 1869)». Négligeant toutes les relations franco-italiennes des siècles passés, Michelet la faisait ainsi jaillir de ces guerres d’Italie, du choc entre la France de Charles VIII et l’Italie des Borgia, et ceci sur les décombres du Moyen Age. Voilà esquissée la façon dont Michelet inventa une Renaissance dont nous avons, d’une certaine manière, hérité. La question est alors de savoir s’il faut s’en défaire, ou si au contraire il faut continuer à «tuer» le Moyen Age pour la faire «vivre»? Si l’on se reporte à ce qui vient d’être présenté, il paraît difficile de s’accrocher autant au terme qu’à la notion historique. Mais Lucien Febvre a eu des contradicteurs. Selon eux, Michelet n’aurait pas inventé la notion de Renaissance; tout juste aurait-il été le premier à la populariser. Et puis beaucoup d’historiens ayant étudié ce XVIe siècle depuis Michelet sont d’accord pour y voir un renouvellement de la civilisation européenne. C’est pourquoi il n’y aurait aucune raison selon eux d’abandonner cette périodisation, ni le terme qui sert à la dénommer. La Renaissance ne serait donc pas une invention, mais une découverte du XIXe siècle. Michelet aurait été en quelque sorte bien inspiré et il aurait su atteindre, à travers son expérience personnelle et intime, le grand mouvement d’une histoire vieille de quelques siècles. Ainsi Michelet ne serait pas un grand historien victime de ses élans poétiques et de sa démarche de visionnaire, mais un grand historien grâce à ceux-ci. Avec Michelet la poésie se serait enfin mise au service de l’histoire! On peut toutefois se demander si la catégorie historique qu’a «lancé dans la vie» ce génial poète n’exerce pas encore un pouvoir si fort, une tyrannie si complète sur certains historiens qu’ils seraient incapables de voir autre chose dans ce XVIe siècle que des figures du renouveau. Prisonniers d’un cadre intellectuel, soumis au pouvoir des mots, les corrections de détails qu’ils apportent à l’Histoire de Michelet ne leur permettraient en rien de se dégager de cette catégorie historique qu’est la Renaissance. Ce n’est bien sûr pas ici le lieu pour discuter de cette alternative. Mais le beau livre de Lucien Febvre -qui est, il ne faut pas s’y tromper, un fervent hommage à Michelet- est une merveilleuse occasion pour y méditer.

[Thomas LEPELTIER. “Michelet et la Renaissance, de Lucien Febvre, Présenté par Paule Braudel, Flammarion, 1992 [cours de 1942-1943]”, in Revue de Livres, abril de 2000]

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