✍ Textes, «performances», publics [1995]

por Teoría de la historia

cahiers_16La conférence que Roger Chartier a donnée à Lyon, le 7 mars 1995, avait deux objets: d’une part, identifier les modes de circulation et d’appropriation d’œuvres et de genres dont le statut, la fonction, les usages n’étaient pas originellement ceux qu’implique la fixation écrite et imprimée; d’autre part, étudier les relations qu’entretiennent deux acceptions de la catégorie de genre, l’une discursive et littéraire, l’autre matérielle et éditoriale. Le propos montre que le rapport contemporain aux œuvres, construit historiquement, ne peut être considéré comme universel. Nombre de textes et de genres anciens ne supposent aucunement, comme destinataire, un lecteur solitaire, silencieux, en quête de sens. Faits pour être dits ou lus à haute voix, partagés dans une écoute collective, pensés comme des machines à produire des effets, ils obéissent aux lois propres de la “performance” ou de l’effectuation orale et communautaire. Les exemples, pris dans plusieurs littératures (française, anglaise et espagnole) et majoritairement situés dans les XVIe et XVIIe siècles, n’excluent ni retours en arrière sur l’oralité médiévale, ni comparaisons avec les siècles postérieurs.

[Fuente: Groupe de Recherche sur la Socialisation, Université Lumière Lyon 2]