✍ Pouvoir(s) et culture(s) [1993]

por Teoría de la historia

cahiers_11Pour comprendre comment, dans la France d’entre XVIe et XVIIIe siècles, les mutations des modes d’exercice et de distribution du pouvoir ont transformé les conditions de production et de circulation des œuvres ainsi que les pratiques culturelles, il faut d’abord inscrire l’émergence d’un marché des biens symboliques et des jugements esthétiques dans les structures de l’absolutisme culturel construit par la monarchie. Il s’agit ensuite de repérer les supports qui rendent possible l’existence d’une sphère publique littéraire autonomisée. Enfin, il est nécessaire de décrire le processus de politisation qui retourne contre l’État les valeurs qu’il a lui-même abandonnées au domaine privé. C’est à cette analyse que Roger Chartier a consacré la conférence qu’il a donnée à Lyon, le 19 mars 1993, dans le cadre du séminaire de la formation doctorale “Anthropologie, sociologie et sciences sociales” de l’Université Lumière Lyon 2. Engagée à partir d’une perspective historienne, sa réflexion concerne, tout à la fois, les variations des rapports entre public et privé et les différentes acceptions du concept de culture, entendu dans sa différence – celle par laquelle toutes les sociétés, en des modalités variables, ont séparé de l’existence ordinaire un domaine particulier de l’activité humaine – et dans ses dépendances – celles qui inscrivent toute invention esthétique ou intellectuelle dans ses conditions de possibilité et d’intelligibilité.

[Fuente: Groupe de Recherche sur la Socialisation, Université Lumière Lyon 2]

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